Les Causses

Les causses, imposants plateaux calcaires délimités par des falaises, sont parfois entaillés par de profondes vallées appelées gorges. La structure du sous-sol est si poreuse que l’eau s’y infiltre ne laissant aucune rivière se former. Le pastoralisme a, pendant des siècles, façonné de vastes horizons couverts de pelouses steppiques à la valeur paysagère et à la biodiversité indéniables.

L’histoire des causses

Paysages des Causses

Les causses représentent 25 % du territoire du Parc et certains s’étendent largement au-delà des limites de l’Aveyron (Causses de Sauveterre, Méjean, Larzac, Noir). Vaste zone de plateaux dont l’altitude varie entre 800 et 1100 mètres, les causses reposent sur un socle de roches calcaires sédimentées à l’époque où la mer envahissait la région, voici 200 millions d’années. Entre eux, ils sont séparés par des gorges (Dourbie, Jonte, Tarn), véritables canyons creusées dans l’épais banc calcaire pouvant atteindre 500 mètres de dénivelé dans nos régions. Les parties supérieures sont composées de parois abruptes ponctuées de grottes. Au pied de ces falaises, de gigantesques éboulis s’épandent sur des roches plus tendres. Ils ont parfois été aménagés en terrasses pour les rendre cultivables côté adret (versant exposé au soleil), tandis que les ubacs (versant à l’ombre) sont couverts par la forêt.

Au Moyen-âge (XII siècle), l’ordre religieux des Hospitaliers puis celui des Templiers a investi ces espaces pour, entre autres, développer l’agropastoralisme (économie agricole fondée sur l’élevage extensif liée à des ressources végétales spontanées et à la production de fourrages et de céréales pour compléter l’alimentation du bétail) sur ce territoire à faible potentiel agronomique. Les causses ont alors été aménagés, pâturés et cultivés dans les zones dépressionnaires (dolines). Cités fortifiées, jasses, lavognes (mares au fond pavé, dont l’étanchéité est assurée par une couche d’argile qui permettent d’abreuver les troupeaux), de petits murets de clôture en pierre et caselles (abri du berger) jalonnent tous les causses.

Le pastoralisme

L’élevage ovin demeure prépondérant sur les causses. Il a permis de développer un paysage identitaire composé de parcours (prairies steppiques). Plus ou moins laissées à l’abandon, ces pâtures de pelouse sèche parsemées de buis et de genévrier s’enfrichent, formant alors des landes à buis. Cependant les causses constituent l’un des plus vastes ensembles de pelouses sèches de France.

Ces milieux abritent de multiples espèces végétales et animales dont certaines, très particulières, ne peuvent se maintenir qu’en milieu ouvert.
La protection et la gestion de ces habitats naturels de pelouses dépendent essentiellement du pastoralisme (mode d’élevage extensif basé sur le pâturage de la ressource végétale de l’exploitation ou dans le cadre de transhumance) qui a façonné les paysages depuis des millénaires. En effet, génération après génération, les bergers ont conduit les bêtes sur ces terres, choisissant les pâturages en fonction de l’évolution du troupeau ou de la végétation. Ils épierraient patiemment les parcours, pour former des « clapas » (tas de pierre lié à l’épierrement) et supprimaient les plantes ligneuses.

Dossier technique de l’entité paysagère des Causses

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