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La chenille processionnaire du pin

Chenille processionnaire

Qui dit chenille dit… papillon bien sûr ! La Chenille processionnaire du pin est la larve d'un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa. Certes, c’est bien la chenille qui préoccupe, voire inquiète à cette période, mais commençons par le début…

Le papillon, gris avec des motifs noirs et des taches blanchâtres, éclot durant l'été. Sa vie d’adulte sera très brève, pas plus d’une nuit, ce qui n’empêche pas les mâles de parcourir jusqu’à 50 km pour rechercher la femelle idéale ! Les œufs sont déposés en rangées parallèles par paquets de 150 à 320 formant un manchon gris argenté recouvert d'écailles, long de 2 à 5 centimètres sur les rameaux ou les aiguilles de pin, discrétion assurée… Cinq à six semaines après la ponte, les chenilles apparaissent, et mueront plusieurs fois avant d’atteindre leur taille définitive. L’élément qui déclenche l’inquiétude des promeneurs est bien ce nid blanc, qui brille aux rayons du soleil, d’ailleurs construit côté sud. Grâce aux rayonnements solaires, la température à l'intérieur du nid peut être supérieure de plusieurs degrés à la température ambiante. Ce nid d’hiver abrite une colonie de chenilles, qui sortent la nuit pour s'alimenter, se déplaçant en « procession » suivant un fil de soie qui leur permet de rentrer au nid. La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact de la tête d'une chenille avec les poils de l'abdomen de celle qui la précède.

Au printemps, les chenilles en procession conduite par une femelle, quittent l'arbre pour aller s'enfouir dans le sol à quelques centimètres sous terre (5 à 20 cm) dans un endroit bien ensoleillé. Les processions peuvent se déplacer jusqu'à 40 m de leur arbre, et comptent quelques centaines d’individus.

Chaque chenille va tisser un cocon individuel dans lequel aura lieu la transformation en chrysalide. Le développement s'interrompt alors pour une durée variable, lors d'une diapause. En cas de températures trop basses ou trop élevées au moment de la morphogenèse (métamorphose de la chrysalide en papillon), la diapause peut durer plusieurs années (2 à 4 ans). Au bout de quelques mois, chaque chrysalide se métamorphose en papillon, toujours sous la terre. Et puis, un soir d'été, les papillons sortent de terre... et le cycle peut alors reprendre.

D’où provient le pouvoir urticant si redouté ? Au cours de leur croissance, les chenilles se couvrent de plus en plus de poils pour atteindre 1 million de poils ! L'appareil urticant de la chenille processionnaire se met en place au cours du développement larvaire. Des poils microscopiques urticants apparaissent progressivement sur la partie dorsale. Au dernier stade larvaire (lorsque la chenille est la plus grosse), ces plages, dites « miroirs », sont entièrement garnies de poils urticants. Ces poils, très légers et fragiles, se détachent très facilement dès que la chenille est inquiétée ou excitée et peuvent être emportés par le vent. Lorsque le poil se brise, dès le premier contact, la substance urticante et allergisante qu'il contient, la « thaumétopoéïne », se libère provoquant des démangeaisons très vives.

Du point de vue forestier, il est important de savoir que, si les chenilles se nourrissent effectivement bien des aiguilles des pins, la défoliation, même totale, ne provoque pas la mortalité des arbres atteints. Certes, elle entraîne une perte de production qui équivaut au plus (si la défoliation a été totale) à environ une année d'accroissement. Les arbres récupèrent en quelques années. Si leurs conditions de croissance sont satisfaisantes, ils sont parfaitement capables de supporter cette attaque.

Les types de luttes contre la chenille processionnaire sont nombreux et bien connus : lutte chimique, lutte biologique (bacille « mangeur » de chenille », nichoirs à mésanges et autres oiseaux consommateurs de la chenille), piégeage sexuel (piégeage des mâles adultes grâce à une phéromone sexuelle)… On peut aussi améliorer la diversité des peuplements forestiers (mélanges avec des feuillus) afin de freiner la propagation de l'insecte (facilitée dans les forêts homogènes de pins) et de favoriser le cortège parasitaire de la chenille.

Il est certes préférable de ne pas promener les chiens dans les forêts les plus affectées par les chenilles. Qu’à cela ne tienne, la nature est assez vaste !

Des conseils pour limiter leur prolifération par Biova-France :

Les chenilles processionnaires du pin qui sont actuellement enfouies dans le sol à l'état chrysalide  vont bientôt sortir pour passer à l'état papillon. Un cocon de plus d'une centaine de chenilles étant la ponte d'un seul papillon, il est important de limiter leur prolifération et mettre ainsi en place des pièges à phéromones. Les phéromones que nous vous proposons couvrent toute la période de vol.

Ces produits sont également disponibles sur le site internet : http://biova-france.fr/

Si vous avez un ecopiège en place sur vos arbres, vous pouvez sortir dès la fin du mois, la poche et la mettre aux déchets ménagers afin qu'elle soit incinérée.

plaquette sur le piège    bon de commande 

N'hésitez pas à communiquer ces informations ! Une conférence ouverte à tout public est organisée le 1er juin 2017 à Montauban plus d'informations

 

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