Les avant-causses sont le domaine
de la chênaie pubescente. Elle est surtout présente sur les versants.
Le chêne pubescent, ou blanc, ne
perd ses feuilles de l’année qu’au printemps suivant, lorsque les nouvelles
feuilles « pousseront » les vieilles. Il aime la lumière, la chaleur et
résiste à la sécheresse. Son bois est utilisé pour le chauffage. C’est au
niveau de ses racines que se développe la précieuse truffe, l’or noir.
On rencontrera aussi le
genêt scorpion, le chêne vert, la renoncule à feuilles de graminées ou le
narcisse à feuilles de joncs. Ces milieux sont favorables au lézard vert ou au
lézard ocellé mais on pourra observer également le circaète, l’engoulevent et
diverses espèces de fauvettes.
La flore des vallées témoigne de
l’influence méditerranéenne : asperge à feuilles aigues, garance voyageuse,
pistachier térébinthe, aphyllanthe de Montpellier, spartier faux-jonc, nerprun
alaterne, chèvrefeuille d’Etrurie, silène d’Italie... Des espèces acidophiles
sont également présentes, comme la bruyère arborescente, le ciste à feuille de
sauge, le ciste à feuille de laurier...
La faune est aussi très variée avec
la genette, le faucon hobereau, l’épervier, le crapaud accoucheur, le petit
duc, le bruant fou...
Des terrasses habitées
En Europe, la période sans doute la plus
intense en matière de construction des terrasses commencerait vers 1700 pour
s’achever vers 1850.
Un versant aménagé en terrasses nécessite la
création d’un réseau de chemins entre les parcelles, mais la plupart ne
restent accessibles qu’en passant par d’autres terrasses (marches créées dans
des terrasses). Les cultures mises en place conditionnent les constructions
complémentaires qu’on y voit encore aujourd’hui.
Ici, les cultures de la vigne en terrasse
ont obligé la construction de cabanes pour entreposer le matériel et stocker
le vin, mais aussi surtout pour recueillir les eaux de pluie indispensables.
La construction de ces kilomètres de
murets a aussi permis à une faune et à une flore particulièrement bien
adaptées de se développer.
Lézard des murailles (Podarcis muralis)
Animal à sang froid, le lézard a besoin de
chaleur pour être actif. Et quoi de plus chaud que des bonnes pierres bien
exposées au soleil ! Oui, mais trop, c’est trop… Et alors, le lézard rentre
dans son trou ou se réfugie entre les pierres. Le lézard des murailles (lézard
gris), est le plus commun dans nos régions. On note de grandes variations de
dessins et de couleurs selon les endroits.
Sedum blanc (Sedum album) et Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris)
Représentant
commun des plantes grasses sous nos latitudes (rien à voir cependant avec les
cactées ou les euphorbes des déserts), les Sedum ont des
petites feuilles épaisses et charnues, disposées tout autour de la tige,
véritables réservoirs d’eau. Les petites fleurs blanches de cette espèce sont
bien visibles sur les vieux murs, et comme d’autres plantes, elle rougit
complètement au soleil.
Quant au nombril de Vénus, cette petite
plante grasse est caractérisée par la rosette de feuilles rondes qui
ressemblent à des petites coupelles « trouées »
en leur centre comme un nombril.
Grandes et vertes lorsque la plante
pousse à l’ombre, elles sont par contre petites et rouges quand la plante
pousse au soleil.
Capable de faire des réserves d’eau
dans ses feuilles épaisses et cireuses, le nombril de Venus est commun sur les
vieux murs, les toitures ou les rochers.
Cétérach, herbe dorée (Asplenium ceterach)
Adaptation réussie ! Lorsque les conditions
climatiques sont trop difficiles (sécheresse), le cétérach se met au ralenti,
en attendant la prochaine averse ! Cette propriété remarquable, connue surtout
chez les mousses et les lichens, s’appelle la reviviscence (capacité à
revivre). C’est pourquoi le cétérach peut vivre dans les fissures des murets,
où la présence d’eau est fugace et irrégulière. Proche voisin des fougères
avec ses feuilles dentelées, le cétérach est commun et visible toute l’année.